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« Les 15 accessions couvrent 100 % de la variabilité »

 

Réservée, consciente de sa responsabilité dans la réussite du programme AKER, Karine Henry a récolté en début d'année 3.000 accessions en provenance du monde entier, et a commencé les croisements avec le matériel élite.

 

 « Nous nous sommes adressés à 39 banques de gènes en Europe et aux Etats-Unis grâce aux bases de données Eurisco et GRIN-ARS », explique Karine Henry. « 12, parmi les plus importantes, ont envoyé des graines, ce qui nous a permis de rassembler dès janvier 2013 les 3.000 accessions nécessaires, avec une bonne représentativité parmi toutes les plantes sauvages ».

Ingénieur AgroParisTech (INA-PG), avec en poche une spécialisation Amélioration des plantes, Karine Henry a démarré sa carrière chez Florimond Desprez où elle est Sélectionneur betterave et chicorée. Elle poursuit ses explications : « Nous avons fait tourner des logiciels d'analyse de diversité, qui nous ont permis de générer plusieurs jeux de 15 accessions. Mais nous savons d'ores et déjà qu'avec 15 accessions, on couvre 100 % de la variabilité allélique disponible au sein du genre Beta, complémentaire du germplasm utilisé actuellement ».
Puis, vient le temps des croisements. Karine Henry, Directrice scientifique du programme AKER, pratique elle-même en ce printemps 2013 les F1 des 15 accessions (en réalité une soixantaine pour des raisons de sécurité) avec le matériel élite, aidée de ses techniciennes. « C'est un travail stressant, il ne faut pas se louper ! » avoue-t-elle. Pour la suite, le programme est bien chargé. 2014 : rétrocroisement 1 entre les F1 et le matériel élite ; 2015 : rétrocroisement 2, toujours avec le matériel élite ; 2016 : autofécondation des rétrocroisements 2 ; 2017 : production des hybrides.
« En 2015 et 2016, nous aurons 60.000 prélèvements d'ADN à réaliser sur les plantes obtenues, il faudra automatiser », confie-t-elle. « Et, en 2017, nous devrons doubler la capacité de production d'hybrides en cages à Cappelle pour AKER ! »
Karine Henry n'hésite pas à déclarer : « Le WP2 est le cœur du programme AKER, car c'est celui qui crée le matériel génétique ». Là sans doute est le plus gros challenge, mais il se présente bien a priori.